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mis à jour le 8 min de lecture

J’ai mesuré 36 sites d’entreprises de Sherbrooke

Abdoullah Hajji
Abdoullah HajjiFondateur
J’ai mesuré 36 sites d’entreprises de Sherbrooke

Le 16 août 2026, j’ai mesuré la page d’accueil de 36 entreprises de Sherbrooke. Voici ce qu’elles font télécharger à quelqu’un qui arrive chez elles pour la première fois.

La version précédente de cette note reposait sur un échantillon que j’avais assemblé à la main, sans source publique. Personne ne pouvait vérifier comment ces sites avaient été choisis, moi compris. Je l’ai donc refaite au complet. Le nouvel échantillon est plus petit et il vaut beaucoup plus cher, parce que vous pouvez le reconstituer vous-même.

D’où vient l’échantillon

Le tirage part du Répertoire des locaux et entreprises du territoire de Sherbrooke, publié par Entreprendre Sherbrooke sur Données Québec sous licence CC0 1.0. Le fichier compte 5 382 lignes et se télécharge librement.

Ce répertoire couvre le territoire de Sherbrooke, pas l’Estrie au complet. Toutes les entreprises mesurées sont donc de Sherbrooke, et rien dans cette page ne décrit Magog, Coaticook ou Granby.

Les exclusions sont appliquées sur le fichier entier, avant le tirage : 588 chaînes et franchises, 672 locaux vacants, 581 lignes sans NEQ, 354 locaux non commerciaux, et 586 entreprises hors des huit secteurs retenus. Restent 2 601 entreprises admissibles. J’en ai tiré 61, par pas fixe à l’intérieur de chaque secteur, sans tirage au sort et sans jugement de ma part sur qui entrait dans la liste.

Plus d’une entreprise sur quatre n’a aucun site

C’est le résultat que je ne cherchais pas, et c’est le plus utile de la page.

Sur les 61 entreprises tirées, 38 ont un site à elles, en état de marche. Chacune a été cherchée par son nom, puis par son NEQ quand le nom était ambigu. Une adresse n’a été retenue que si elle répondait et si la page nommait cette entreprise-là. Aucun domaine n’a été deviné à partir d’un nom.

Sur les 23 autres, 17 n’ont aucune présence web à elles. Plusieurs vivent sur une page Facebook. Certaines ont un domaine mort qui ne résout plus, un hébergement en panne qui renvoie une erreur, ou une boutique en ligne restée à l’installation par défaut, sans un seul produit. Les 6 dernières n’ont pas pu être tranchées : des vitrines sur le domaine d’une bannière, un domaine dont la connexion sécurisée ne répond plus, et au moins deux sites bien vivants qui bloquaient seulement la vérification automatisée.

Autrement dit : au moins une entreprise sur quatre, tirée du répertoire officiel de sa propre ville, n’a rien à montrer à quelqu’un qui la cherche par son nom. Si vous hésitez entre refaire votre site et le laisser tel quel, ce chiffre-là vous concerne plus que tous les kilo-octets qui suivent.

Des 38, deux sortent avant la mesure : une entreprise dont le site annonce lui-même sa fermeture définitive, et un concessionnaire franchisé. Restent les 36 pages d’accueil dont il est question ici.

Ce que je mesure, et comment

Pour chaque site : une requête pour la page elle-même, puis une requête pour chaque script, chaque feuille de style et chaque image que la page déclare. Tout est demandé compressé, comme le fait un navigateur. Deux choix de mesure à connaître avant de relire les chiffres : le HTML est compté à sa taille décodée, et les fichiers servis depuis un domaine tiers (polices externes, scripts de mesure) ne sont pas comptés, parce qu’ils ne sont pas du ressort du site.

Les images marquées loading="lazy" sont comptées à part et exclues du total. Un navigateur ne les télécharge pas avant que le visiteur descende dans la page, et les inclure ferait paraître tout le monde plus lourd que la réalité.

Un site que je construis ou que j’entretiens est écarté d’office. C’est l’exclusion la plus importante de la méthode : elle m’enlève tout moyen de flatter le résultat.

Ce n’est pas un audit complet. Je mesure une page d’accueil, d’un seul point du réseau, un seul jour. Une page d’accueil rapide ne dit rien du reste du site.

Le poids

Le site médian de l’échantillon fait télécharger 975 ko avant que le visiteur ait bougé.

Le quart le plus léger reste sous 487 ko. Le quart le plus lourd part de 2 997 ko. Le plus léger des 36 fait 62 ko ; le plus lourd fait 87 Mo.

  • 17 sites sur 36 dépassent 1 Mo au premier chargement.
  • 7 sur 36 dépassent 3 Mo.
  • 10 sur 36 restent sous 500 ko.

L’écart entre le plus léger et le plus lourd n’est pas une question de réglage fin. Ce sont deux commerces de la même ville, qui servent le même genre de clientèle sur le même réseau.

Pourquoi je ne convertis pas ça en secondes

La version précédente de cette note divisait le poids par un débit pour donner des secondes de téléchargement. Le débit employé était 1,6 Mbit/s en descente, l’hypothèse de connexion lente que Lighthouse applique par défaut sur mobile. C’est une convention de modélisation, pas une lecture prise sur le réseau de qui que ce soit, et le résultat se lisait comme un chronomètre alors que c’était une division.

Je donne donc les octets. Si vous voulez les secondes, la division vous appartient, en sachant ce que vaut le débit que vous y mettez.

Le délai avant la première réponse

La médiane est de 182 millisecondes. Ce délai comprend le DNS, la connexion et le TLS, pas seulement le temps de réflexion du serveur.

7 sites sur 36 dépassent 600 millisecondes. Toucher aux images n’y change rien. Les causes habituelles sont l’hébergement, une chaîne de redirections, ou une page recalculée à chaque visite au lieu d’être servie depuis une cache.

Une précision qui compte si vous refaites la mesure vous-même : les poids se reproduisent exactement d’une exécution à l’autre, les temps de réponse non. Ces derniers dépendent du réseau, du mien comme du vôtre. Vous retrouverez mes kilo-octets ; vous ne retrouverez pas mes millisecondes.

Ce qui manque dans le code

  • 24 sites sur 36 servent des images sans largeur ni hauteur déclarées. C’est la cause la plus commune du texte qui saute pendant le chargement.
  • 19 sur 36 affichent des images sans en différer une seule.
  • 3 sur 36 ne sont pas en HTTPS.
  • 3 sur 36 servent leur page sans compression.
  • 1 sur 36 n’a pas de balise de compatibilité mobile.

Les trois derniers points sont rares, et c’est une bonne nouvelle. Les deux premiers touchent la majorité de l’échantillon, et ils se règlent par un attribut sur une balise.

Les deux champs que Google affiche

Les 36 sites ont un titre de page. Aucun ne l’a oublié.

En revanche, 13 sur 36 ont un titre qui dépasse 60 caractères, donc plus long que ce qu’un résultat de recherche montre. 10 sur 36 n’ont aucune description dans leur code. Et 12 sur 36 n’ont pas de h1, c’est-à-dire pas de titre principal dans la page elle-même.

Ces champs prennent dix minutes à écrire. Ce sont les seules phrases que Google montre à quelqu’un qui hésite entre vous et le suivant.

Les 87 mégaoctets

Le site le plus lourd de l’échantillon appartient à un entrepreneur en rénovation. Sa page d’accueil déclare 876 balises d’image, dont pas une seule en chargement différé, pour 446 fichiers distincts.

C’est une galerie de réalisations, complète, qui se télécharge en entier avant que le visiteur ait fini de voir la première photo.

Rien là-dedans n’est une faute de goût. Quelqu’un a voulu montrer son travail et l’outil qu’il utilisait ne lui a rien dit. Le même contenu, avec le chargement différé et des images dimensionnées, pèserait une fraction de ça. Je n’ai pas refait la page pour le vérifier, alors je ne vous donne pas de rapport chiffré.

Où se situe mon propre site

Mesuré le 16 août 2026, avec le même outil et de la même façon que les 36 autres : 810 ko et 249 millisecondes.

17 des 36 sites mesurés sont plus légers que le mien.

Je laisse le chiffre tel quel. Un fournisseur qui publie une étude sur le poids des pages doit publier le sien avec, sinon l’étude sert d’argumentaire au lieu de servir de mesure. Et ce chiffre bougera : chaque image ajoutée sur ma page d’accueil se paie, exactement comme sur la vôtre.

Je donne ces chiffres parce qu’ils sont vérifiables et que quelqu’un finira par les vérifier. La commande ci-dessous fonctionne sur mon site comme sur le vôtre.

La limite qu’il faut connaître

Le répertoire est un instantané d’octobre 2024. Une entreprise fondée après cette date ne pouvait pas être tirée : elle n’est pas dans le fichier. Les mesures, elles, sont actuelles, prises le 16 août 2026 sur les sites tels qu’ils étaient ce jour-là.

Cette distinction compte. Le cadre de tirage a l’âge qu’il a ; les mesures n’ont pas cet âge-là. Les deux vieillissent séparément et il faut les lire séparément.

Comment vérifier le vôtre

Une commande, dans un terminal :

curl -s -o /dev/null -w "%{size_download} octets, %{time_starttransfer}s" -H "Accept-Encoding: br, gzip" https://webryk.ca

Remplacez l’adresse par la vôtre. Elle est écrite avec la mienne parce que la commande donne le même genre de résultat sur les deux, et que vous pouvez commencer par vérifier ce que j’avance sur mon propre site.

Le premier nombre est le poids du document seul, sans les images ni le code. Le deuxième est le délai avant la première réponse, DNS et connexion compris. S’il dépasse 0,6, regardez du côté du serveur avant de toucher aux images : hébergement, redirections, absence de cache. Aucune optimisation d’image ne fait bouger ce nombre.

Pour le portrait complet, l’outil PageSpeed Insights de Google est gratuit.

Ce que je regarderais en premier

Si votre site dépasse 1 Mo, ouvrez-le et regardez la plus grosse image. Sur les 17 sites de l’échantillon qui dépassent 1 Mo, les images font plus de la moitié du poids dans 13 cas. Je n’ai pas refait la mesure après correction sur ces 17 sites, donc je ne peux pas vous dire combien seraient repassés sous la médiane. C’est une heure de travail, pas une refonte.

Si vous n’avez pas de site du tout, vous n’êtes pas un cas isolé : c’est la situation d’au moins une entreprise sur quatre dans ce tirage. La conversation est différente, mais elle commence au même endroit. Écrivez-moi quand même.

Si vous voulez que je regarde le vôtre, écrivez-moi. Je vous dis ce que je vois et par quoi commencer, avec ou sans moi.

Mesures prises le 16 août 2026, sur la page d’accueil seulement, d’un seul point du réseau. Cadre de tirage : Répertoire des locaux et entreprises du territoire de Sherbrooke, publié par Entreprendre Sherbrooke sur Données Québec sous licence CC0 1.0, instantané d’octobre 2024. Ce sont des mesures de laboratoire : elles ne décrivent la visite de personne et ne remplacent pas des données de terrain. Un échantillon de 36 sites, pas un recensement, et les pourcentages sont toujours donnés avec leur dénominateur. Les sites évoluent : quelqu’un qui refait la mesure dans six mois n’obtiendra pas exactement les mêmes chiffres. Les poids se reproduisent à l’octet près d’une mesure à l’autre ; les temps de réponse varient selon le réseau. Aucune entreprise n’est nommée, et aucun de mes propres clients ne figure dans l’échantillon.

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Écrivez-moi. Je regarde votre site et je vous dis ce qui manque pour être trouvé dans votre région.

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